Fait majeur : les pensions complémentaires gérées par l’Agirc‑Arrco ont été revalorisées de 1,6 %, mesure mise en œuvre au 1er novembre 2024 pour environ 14 millions de retraités du privé.
Ce que montre cette décision, c’est un compromis : une hausse réelle mais volontairement inférieure à l’inflation, rendue possible par la santé financière du régime et encadrée par un accord interprofessionnel signé en 2023.
Revalorisation Agirc‑Arrco : hausse de 1,6 % en novembre
Le conseil d’administration de l’Agirc‑Arrco a acté, après l’accord du 15 octobre 2024 entre partenaires sociaux, une augmentation annuelle des pensions complémentaires de 1,6 % au 1er novembre 2024.
- Décision prise par les représentants patronaux et syndicaux le 15 octobre 2024.
- La valeur du point de service est passée à 1,4385 € au 1er novembre 2024 (contre 1,4159 € un an plus tôt).
- Environ 14 millions de personnes bénéficient de cette revalorisation.
Concrètement, un retraité percevant 1 000 € de complément verra sa pension augmenter d’environ 16 € par mois — modeste mais non négligeable pour beaucoup.

Insight : cette augmentation améliore le pouvoir d’achat immédiatement, mais elle reste encadrée par des règles d’indexation qui limitent son ampleur.
Indexation et règles : pourquoi la hausse est inférieure à l’inflation
La clé du dispositif, décidée dans l’accord national interprofessionnel (ANI) d’octobre 2023, est une sous‑indexation : les pensions complémentaires suivent l’inflation avec un différentiel programmé.
- L’Insee avait estimé l’inflation 2024 à environ 1,8 %.
- L’ANI prévoyait une décote de 0,4 point par rapport à l’inflation pour 2024‑2026.
- Le conseil d’administration a utilisé une marge d’ajustement de +0,2 point, conduisant au taux final de 1,6 %.
La présente indexation illustre le choix politique et technique de préserver l’équilibre du régime tout en limitant l’érosion du pouvoir d’achat des retraités.
Insight : l’indexation n’est pas automatique au même rythme que l’inflation ; elle dépend d’accords, de marges et de la trajectoire financière du régime.
Financement, coûts et arbitrages : qui paie quoi ?
La revalorisation de novembre a un coût assumé principalement par le régime lui‑même : le passage du point et l’effet sur les prestations pèsent sur les comptes Agirc‑Arrco.
- Le coût en année pleine de la hausse est estimé à 1,6 milliard d’euros.
- Sur quinze ans, cet effort est évalué à environ 24 milliards, selon les projections initiales.
- Par contraste, le report de la revalorisation des pensions de base au 1er juillet 2025 vise à économiser 3,6 milliards pour l’État en 2025.
Brigitte Pisa, présidente de l’Agirc‑Arrco, a rappelé que la « situation financière robuste » du régime a permis cette marge d’action au bénéfice des retraités.

Insight : l’financement de la hausse repose sur les réserves et les cotisations du régime, illustrant la tension entre solidarité intergénérationnelle et soutenabilité budgétaire.
Exemple concret : Marie et son complément
Marie, 68 ans, perçoit une retraite complémentaire de 600 € par mois. Avec la revalorisation de 1,6 %, sa pension augmente d’environ 9,60 € mensuels.
- Avant : 600 € ; après : 609,60 €.
- Effet annuel : ≈ 115 € supplémentaires.
- Pour les petits revenus, cet apport peut financer une partie des dépenses courantes ou des soins.
Insight : pour beaucoup, la hausse est utile mais loin de compenser intégralement la hausse des prix constatée dans certains postes de consommation.
Avant d’aborder les conséquences pratiques, voici quelques démarches à connaître pour optimiser sa situation personnelle.
Ce que les retraités peuvent faire : démarches, fiscalité et cumul
La revalorisation n’exonère pas d’actions concrètes : vérifier ses droits, contrôler le calcul du point, et anticiper l’impact fiscal et social.
- Consultez régulièrement votre relevé de carrière et le détail des points Agirc‑Arrco.
- Vérifiez l’impact fiscal : la pension complémentaire entre dans le revenu imposable et dépend du taux d’imposition.
- Informez‑vous sur les règles de cumul emploi‑retraite et les nouveautés réglementaires.
Pour approfondir, des guides pratiques existent sur des sujets proches : le passage du brut au net dans le calcul des retraites, le choix du taux de prélèvement à la source, ou les règles de cumul emploi‑retraite.
- Comprendre le passage du brut au net
- Choisir son taux de prélèvement à la source
- Nouveautés sur le cumul emploi‑retraite
Insight : vérifier ses droits et ajuster ses choix fiscaux peut parfois rapporter plus que la hausse elle‑même.
Autres ressources utiles et protections
Selon votre situation familiale et patrimoniale, plusieurs dispositifs peuvent compléter ou protéger le revenu de retraite.
- Renseignez‑vous sur la pension de réversion si vous êtes conjoint survivant.
- Considérez des solutions d’épargne ou de prévoyance pour lisser votre revenu.
- Anticipez les prélèvements sociaux et leur impact sur le net reçu.
Liens pratiques :
Insight : combiner information et conseils personnalisés aide à transformer une revalorisation limitée en gain tangible pour le quotidien.

Qui bénéficie de la revalorisation Agirc‑Arrco de 1,6 % ?
Tous les titulaires d’une pension complémentaire gérée par l’Agirc‑Arrco — soit environ 14 millions de retraités du secteur privé — ont vu leur pension augmenter au 1er novembre 2024.
Pourquoi la hausse est‑elle inférieure à l’inflation annoncée ?
L’accord national interprofessionnel de 2023 a prévu une sous‑indexation de 0,4 point par rapport à l’inflation. Le conseil d’administration a ensuite appliqué une marge d’ajustement de +0,2 point, d’où le taux final de 1,6 %.
Comment est financée cette augmentation ?
Le financement repose principalement sur les réserves et les cotisations du régime Agirc‑Arrco. Le coût en année pleine est estimé à 1,6 milliard d’euros.
Quel est l’impact sur la pension nette et la fiscalité ?
La hausse augmente le montant brut de la pension, mais les prélèvements sociaux et l’impôt sur le revenu s’appliquent. Il est utile de vérifier le passage du brut au net et d’adapter son taux de prélèvement à la source. Voir aussi les règles sur le cumul emploi‑retraite.
